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Barometre RH et finances EHPAD

Baromètre RH et finances 2026 des établissements et services pour personnes âgées

La Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (FNADEPA) publie son baromètre RH et finances 2026, réalisé auprès de 1 600 directeurs adhérents.

Ce panorama semestriel dresse un constat lucide : derrière une apparente amélioration, le secteur du Grand âge reste sous tension, fragilisé par des déficits persistants, des charges nouvelles et une pénurie de personnel qui s’installe dans la durée.

Une amélioration en trompe‑l’œil

Les chiffres du baromètre montrent une légère baisse du nombre d’établissements déficitaires par rapport à 2024. Mais cette embellie est trompeuse : 42,7 % des ESMS ont clôturé l’exercice 2025 dans le rouge, avec un déficit moyen de –166 134 €, en hausse de 26,7 % sur un an. Plus d’un établissement déficitaire sur deux a dû mobiliser ses réserves pour compenser les pertes.

Cette situation est artificiellement atténuée par :

  • des aides financières massives, en moyenne 237 000 € par structure,
  • une pénurie de personnel qui réduit mécaniquement les charges,
  • le report d’investissements d’entretien ou de rénovation.

Le contraste entre statuts est marqué : 47,6 % des établissements publics sont déficitaires (–185 726 € en moyenne), contre 36,1 % des privés (–116 554 €). Le secteur public reste donc le plus exposé, malgré des aides plus importantes (264 270 € en moyenne contre 184 850 € pour le privé).

Des tensions financières durables

Les perspectives pour 2026 ne laissent guère entrevoir de répit. 36 % des établissements anticipent des difficultés de trésorerie, et 41 % ne disposent pas de réserves suffisantes pour absorber un déficit éventuel.

Les nouvelles charges structurelles aggravent la situation :

  • Versement mobilité régional et rural (VMRR) : + 7 569 € par établissement concerné,
  • Hausse des cotisations CNRACL dans le secteur public : + 23 462 € en 2025,
  • Taxe d’apprentissage pour les structures associatives : + 14 042 € estimés en 2026.

Ces surcoûts s’ajoutent à une inflation réglementaire et administrative croissante, souvent jugée déconnectée des moyens réels des structures.

Un décalage croissant entre besoins et moyens

Les directeurs interrogés alertent sur une évolution du profil des résidents, marquée par :

  • une hausse de la perte d’autonomie,
  • des troubles psychiatriques plus fréquents,
  • des besoins accrus en soins palliatifs et accompagnements complexes.

Or, ces besoins ne s’accompagnent pas de moyens humains ou financiers supplémentaires. Le baromètre souligne un décalage structurel entre les exigences de qualité et les ressources disponibles, accentué par la pénurie de personnel.

Une pénurie de personnel toujours critique

La situation RH reste alarmante : 66,4 % des établissements manquent de personnel, avec en moyenne 2 ETP vacants. Les métiers les plus touchés sont :

  • aide‑soignant (65,1 %),
  • médecin coordonnateur (43,8 %),
  • infirmier (30,1 %),
  • AES‑AMP (18,5 %).

Près de 10 % des structures ont dû fermer des lits ou refuser des accompagnements faute de personnel, représentant en moyenne 8 % des capacités non assurées.

Le recours à l’intérim, bien que légèrement en baisse, reste élevé : 53 % des établissements y font appel régulièrement, dont 9,5 % quotidiennement. Cette solution ponctuelle demeure coûteuse et peu fidélisante.

Focus Ehpad : des déficits qui s’aggravent malgré la reprise d’activité

Les Ehpad concentrent les difficultés les plus marquées :

  • 44,2 % déficitaires en 2025 (contre 54,6 % en 2024),
  • déficit moyen : –242 705 €,
  • taux d’occupation stable à 97 %, mais 21 % rencontrent des difficultés à remplir leurs places.

Les tarifs hébergement votés pour 2026 progressent faiblement : + 1,2 % en moyenne, bien en‑deçà de l’inflation. 65 % des Ehpad ont un taux d’évolution inférieur ou égal à 1,7 %, et 15 % disposent d’une coupe Pathos obsolète, limitant la réévaluation de leurs moyens.

La fusion soins‑dépendance, expérimentée dans 23 départements, est jugée majoritairement positive par 46 % des Ehpad. 72 % des directeurs estiment qu’elle simplifie la tarification et la gestion administrative.

Résidences autonomie et SAD : des équilibres précaires

Les résidences autonomie affichent un déficit moyen de –49 025 €, avec 40 % de structures déficitaires et 31 % confrontées à des difficultés de remplissage. La pénurie de personnel touche 31,5 % des établissements, principalement sur les postes polyvalents et d’animation.

Les services autonomie à domicile (SAD) présentent un déficit moyen de –106 250 €, en amélioration par rapport à 2024, mais 42,8 % ne disposent pas de réserves suffisantes pour 2026. 64 % des SAD manquent de personnel, et autant ont dû refuser des accompagnements à domicile. La réforme des SAD reste incomplète : seuls 50 % des rapprochements sont finalisés et opérationnels.

Un appel à une politique ambitieuse du Grand âge

Face à ces constats, la FNADEPA appelle à une politique du Grand âge ambitieuse et dotée de moyens nouveaux. Elle plaide pour :

  • un financement pérenne des établissements,
  • une revalorisation des métiers du soin,
  • une accélération de la réforme des SAD,
  • une simplification des dispositifs de tarification et de contrôle.

Pour en savoir plus : Enquête flash FNADEPA - Baromètre RH et finances - Juin 2026