evaluation HAS homeopathie
Publication : mercredi 7 août 2019

HAS : Evaluation de l'homéopathie

Le gouvernement a annoncé courant juillet que les médicaments homéopathiques ne seront plus remboursés à compter du 1er janvier 2021.Cette annonce fait suite aux travaux de la HAS. La HAS et notamment sa Commission de la Transparence, a en effet procédé à la première évaluation scientifique en France des médicaments homéopathiques.

Ces produits homéopathiques ont une place importante en France. Ainsi, en 2018, près de 127 millions d’euros concernant des médicaments homéopathiques ont été remboursés par l’assurance maladie. On estime qu’environ 1 français sur 10 les utilise.
Il faut noter que la France est l’un des rares pays au monde qui prend en charge (à 30 %) , via l’assurance maladie obligatoire, ces médicaments homéopathiques.

Les évaluations réalisées par la HAS

La HAS (Haute Autorité de Santé) a en charge l’évaluation, en vue de leur remboursement, des médicaments. Elle dispose pour ce faire d’une commission indépendante, qui vise à garantir aux patients un remboursement équitable, rapide et sécurisé des médicaments qui ont montré une efficacité suffisante.

Cette efficacité est appréciée selon des critères comparables et fiables scientifiquement.

Deux grandes catégories structurent en France les médicaments homéopathiques :

  •  Les médicaments homéopathiques à nom de marque, qui bénéficient d’une AMM (autorisation de mise sur le marché) et n’ont jamais été inscrits au remboursement (aucune demande n’ayant été formulée par les laboratoires concernés) : Oscillococcinum, Cocculine, …
  • Les médicaments homéopathiques à nom commun, auxquels la procédure d’enregistrement des médicaments homéopathiques s’applique et qui sont remboursables sur prescription médicale.

La HAS a été saisie à la demande du ministère des Solidarités et de la Santé pour évaluer le maintien au remboursement des médicaments homéopathiques. L’évaluation réalisée concerne les médicaments homéopathiques remboursables à 30 % (médicaments homéopathiques à nom commun).

L’évaluation réalisée par la HAS porte sur différents critères tels que l’efficacité de ces médicaments homéopathiques et leurs éventuels effets indésirables, la place qu’ils occupent dans la stratégie thérapeutique, et la gravité des affections concernées par leur emploi, et leur intérêt pour la santé publique.

Près de 1 200 médicaments ont été concernés par cette évaluation. Celle-ci s’est appuyée sur une analyse de la littérature, les données fournies par les laboratoires, les contributions des parties prenantes, la sollicitation de société savantes, d’association de patients, de médecins, …

La HAS a ainsi identifié 1 000 études cliniques (dont 364 revues systématiques et méta-analyses et 517 essais contrôlés randomisés).

Les conclusions de la HAS

L’efficacité de ces médicaments homéopathiques a été recherchée sur 24 affections ou symptômes identifiés : douleurs post chirurgicales, verrues plantaires, candidoses, asthme, anxiété, arthrose, …. correspondant aux cibles de ces médicaments homéopathiques telles que rapportées par la littérature.

Après évaluation, la commission de la transparence de la HAS s’avère défavorable à ce que le remboursement de l’ensemble des médicaments homéopathique soit maintenu.

Il apparaît en effet que ceux-ci n’ont pas démontré, d’un point de vue scientifique, une efficacité suffisante pour maintenir celui-ci.

La HAS note par ailleurs qu’aucun effet indésirable grave n’a été identifié.

Les conclusions de la HAS sont similaires à celles obtenues dans des pays étrangers. Ainsi récemment, les agences belge, britannique ou australienne ont également conclu à l’absence de preuves d’efficacité. Ces trois agences ont ainsi recommandé de ne pas ou plus rembourser les médicaments homéopathiques.

Les laboratoires concernés ont bien sur réagi. Actuellement, 3 laboratoires fabriquent des produits homéopathiques bénéficiant d’un emboursement : le suisse WELEDA, les français LEHNING et BOIRON (leader mondial).

Selon le laboratoire BOIRON, la modification du taux de remboursement concernerait 60 % de l’activité du groupe et menacerait 1 300 emplois sur les 2 500 emplois générés en France.

Le gouvernement a indiqué que ce déremboursement sera progressif sur deux ans, avec une première baisse du taux de remboursement au 1er janvier 2020 (le taux de remboursement des médicaments homéopathique sera diminué de moitié, passant de 30% à 15 %).

 

Pour en savoir plus : Déremboursement des médicaments homéopathiques