Etudiants en santé
Publication : mercredi 25 avril 2018

Améliorer le bien-être des étudiants en santé

Le ministère des Solidarités et de la Santé a annoncé 15 mesures visant à améliorer le bien être des étudiants en santé. Les mesures annoncées visent à transformer les comportements, les environnements, les organisations.

Un mal-être importants des étudiants en santé

On compte près de 350 000 étudiants en santé. De nombreuses études ont été réalisées concernant le bien être des étudiants.

Ainsi, la FNESI (Fédération Nationale des Etudiants en Soins Infirmiers) a réalisé une enquête début 2017 auprès d'environ 14 000 étudiants en soins infirmiers. De même, les associations des étudiants en médecine, internes, chefs de clinique ont sollicité plus de 20 000 étudiants.

Ces enquêtes ont montré des troubles (anxieux, dépressifs, idées suicidaires) plus importants que dans la population générale.

Les études internationales montrent ainsi une fréquence de suicide plus élevée chez les soignants, due à des difficultés spécifiques et une facilitation de l’accès à des toxiques. Le taux de suicide est ainsi de 34,3/100 000 chez les professionnels de santé.

Ces mêmes études montrent par ailleurs qu’environ les 2/3 des étudiants en santé souffrent d’anxiété, près d’un tiers de dépression ou symptômes dépressifs, et plus de 10 % des idées suicidaires.

Certains facteurs accroissent le risque ou au contraire protègent les étudiants contre ces risques.Parmi ces facteurs, on peut citer : des ressources matérielles suffisantes, une visite annuelle chez le médecin du travail, des temps d’échange dédiés, une insuffisance d’encadrement, l’absence de soutien des supérieurs hiérarchiques, ….

L’amélioration de la santé et du leur bien être des étudiants apparaît ainsi comme une priorité nécessaire pour garantir le bon fonctionnement du système de santé et la qualité des soins.

Une étude pour qualifier les difficultés rencontrées

Mesures bien etre etudiants sante

C’est dans ce contexte que le ministère a confié mi 2017 au Dr Donata Marra la réalisation d’une étude visant à identifier les spécificités des risques auxquels sont confrontés les étudiants pendant leur cursus de formation, et les phases de celui-ci à l’origine de difficultés (admission, orientation, …).

Un certain nombre de préconisations étaient attendues à l’issue de ces travaux.

Cette étude a été conduite à partir de la réalisation d’une centaine d’entretiens, d'un questionnement des facultés de médecine et d'une analyse de la littérature internationale.

De nombreux experts, associations d’étudiants, directions d’administration centrale, réseau des œuvres universitaires, … ont aussi été sollicités.

L’étude réalisée montre ainsi que certaines organisations permettent d’améliorer le bien être des étudiants en santé.

C'est par exemple le cas de l'absence de concours classant en fin de second cycle, d'un nombre limité d’étudiants dans les promotions et avec un encadrement bienveillant, de nombreux enseignements pratiques en petits groupes (TD et TP), de mise en situation professionnalisante rapide....

Les études internationales montreraient également que ce mal être a tendance à s’amplifier, de par les évolutions de la sociétés (numérique, ...), de par l’évolution de l’exercice professionnel,  et les difficultés des systèmes de soins, …

Même si des dispositifs d’aide aux étudiants ont été développés, ils sont toutefois inégalement répartis selon les filières et les territoires.

La prévention des RPS chez les étudiants en santé vise à combiner des interventions :

  • primaires pour l’ensemble des étudiants (formation des enseignants à la pédagogie et au management, tutorat, mentorat,…),
  • secondaires pour les étudiants identifiés comme à risque (ateliers d’aides au développement personnel adaptés,…),
  • et tertiaires pour les étudiants nécessitant une prise en charge (remédiation adaptée et aide à la réorientation…),

de façon collective ou individuelle.

15 engagements

Le rapport du docteur Marra comprend 12 préconisations, qui ont donné lieu aux 15 engagements retenus par le ministère des Solidarités et de la Santé et celui de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Parmi ces 15 engagements, on retiendra tout d’abord des mesures de soutien et d’intervention immédiates, telles que la création dans chaque université d’une structure d’accompagnement des victimes de violence, le renforcement des moyens des services de santé universitaires, la mise en place d’une évaluation systématique des lieux de stage par les étudiants, l’amélioration des conditions de travail en stage dont le respect strict du repos de sécurité, …

La seconde série d’engagements concerne la transformation globale des études de santé, permettant de les recentrer sur les compétences à acquérir, avec notamment une remise à plat des cursus permettant de sortir d’une logique de compétition (expérimentation d’alternatives à la PACES, disparition de l’iECN dans sa forme actuelle, …).

Le troisième volet porte sur la mise en place d’une coordination régionale et nationale permettant la mesure, le repérage et le partage des bonnes pratiques. Il s’agira par exemple de créer ainsi un centre national d’appui, ou encore de mettre en place une enquête à jour fixe en lien avec les associations d’étudiants, ou encore de développer des actions de communication….

 

Pour en savoir plus : 15 mesures pour le bien-être des étudiants en santé