Prévention de la radicalisation
Publication : lundi 5 mars 2018

ARS et prévention de la radicalisation

En matière de prévention de la radicalisation, les ARS jouent un rôle essentiel de maillage territorial et d’identification des acteurs de terrain. Les Agences Régionales de Santé pilotent par ailleurs en région la politique globale et pluriannuelle de sécurité des structures de santé.

Le phénomène de radicalisation

Etymologiquement issue du mot latin radix (littéralement aller à la racine) , la radicalisation concerne les personnes qui souhaitent modifier de façon radicale la société en utilisant ou non la violence.

Elle permet aux personnes concernées de répondre à un manque, ou de rechercher une identité. Elle ne doit ainsi pas être confondue avec le fondamentalisme.

La cause du problème n’apparaît ainsi ne pas être la religion, celle-ci n’étant qu’une façon de répondre à une situation de rupture sociale.

L’ensemble de la société française est touché, et tous les acteurs concernés doivent donc agir de concert pour prévenir ce phénomène : travailleurs sociaux, professionnels de la sécurité et du renseignement, enseignants, professionnels de santé.

Le Ministère des Solidarités et de la Santé participe à la politique de prévention de la radicalisation, en collaboration avec les collectivités territoriales, ARS, ordres et préfectures.

Il s’agit ainsi de promouvoir la prévention de la radicalisation, et également d’assurer la prise en charge des personnes concernées et le soutien des familles.

Promouvoir le repérage et l’évaluation

Les actions mises en place par les professionnels de santé apparaissent toutefois marginales, dans la mesure ou sont touchées par un problème psycho pathologique, seulement 7-10 % des personnes radicalisées (données de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, Miviludes).

Les professionnels de santé doivent ainsi participer au travail de repérage et d’évaluation des personnes concernées.

Différents travaux de recherche dans le domaine de la santé mentale pour évaluer et prendre en charge les personnes radicalisées ont été initiés.

Les réseau de psychiatres et psychologues spécialisés peuvent apporter un soutien important aux professionnels de santé. Ce soutien et ce conseil (en termes de réglementation et d’éthique) peuvent également leur être délivrés par les différentes fédérations et ordres.

Les acteurs de santé doivent aussi bénéficier d’une sensibilisation aux phénomènes de radicalisation pour prévenir, identifier et traiter ces personnes radicalisées.

Les modalités d’action des ARS dans le domaine de la prévention de la radicalisation sont explicitées dans une instruction récente. Les modalités de respect et dérogation au secret médical sont rappelées dans celle-ci.

Une mise en relation des acteurs.

Etant en interface avec les différents professionnels de santé, les Agences Régionales de Santé sont à même d’orienter les acteurs vers les associations, travailleurs sociaux ou spécialistes.

Ce travail de mise en relation des ARS est facilité par la mise en place d’un réseau de référents régionaux et départementaux. Ceux-ci ont un rôle d’identification et recensement des professionnels de santé compétents, et d’organisation de sensibilisation des acteurs.

Les personnes radicalisées ou en voie de radicalisation sont généralement âgées de 13 à 35 ans. Dans ce cadre, la collaboration et coordination avec le réseau Jeunesse Sport et Cohésion Sociale est important pour prévenir la radicalisation.

Ce travail est également facilité par l’élaboration de cartographies régionales recensant les professionnels de santé à même d’assurer la prise en charge des jeunes et de leur entourage (psychologues cliniciens, professionnels de la psychiatrie infanto-juvénile,…).

Les ARS ont aussi le rôle d’informer les préfectures sur les professionnels et dispositifs qu’il est possible de solliciter ou à même de relayer les besoins de formation.

Sous certaines conditions, les ARS peuvent aussi communiquer des informations concernant des patients admis en soins psychiatriques sans consentement.

Elles peuvent aussi :

  • sensibiliser les acteurs de santé sur leur rôle pour prendre en charge ou soutenir psychologiquement les individus en cours de radicalisation ou déjà radicalisés, ainsi que leur entourage,
  • les informer de leurs droits, devoirs et dérogations possibles à propos du secret médical.

 

Pour en savoir plus : Instruction N° SG/2016/14 du 8 janvier 2016 relative au cadre d’intervention des agences régionales de santé s’agissant des phénomènes de radicalisation