pollution particules fines
Publication : lundi 9 octobre 2017

Particules fines et mortalité

Une nouvelle étude publiée par Santé Publique France montre que l’exposition aux particules fines est responsable d’environ 8 % des décès annuels, dans les zones ou cette exposition est chronique.

L’étude a été réalisée dans la vallée de l’Arve, mais les résultats seraient identiques dans des villes de taille moyenne en France. On estme que ce taux est voisin de 13 % dans les très grandes agglomérations.

Effets sur la santé de la pollution de l’air

Les particules qui sont en suspensions (Particulate Matter en anglais, PM) sont de fines particules, solides portées par l’eau, ou solides/liquides portées par l’air.

Elles sont d’origine humaine ou naturelle (éruptions volcaniques, feux de forêts,…).

Pour évaluer la pollution de l’air, on mesure notamment :

  • les PM10 particules en suspension dans l'air, d'un diamètre aérodynamique inférieur à 10 micromètres.
  • les PM2.5 dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, appelées « particules fines ».

Les effets de la pollution de l’air sur la santé sont importants, notamment parce qu’elle favorise le développement des pathologies chroniques. 48 000 personnes décèdent ainsi de façon anticipée à la suite de ses effets, soit environ 9% des décès.

Pollution aie effets

On observe une absence de seuil, les effets de la pollution aux particules fines étant importants à court, moyen et long terme.

Ainsi, une exposition sur plusieurs années favorise les maladies chroniques (respiratoires, cardiovasculaires, cancers,…). Une simple exposition de quelques jours suffit pour que puissent survenir des irritations, toux, picotements oculaires, …

Cette exposition peut également aggraver une maladie déjà présente.

Impact de cette pollution sur la population de la vallée de l’Arve

Santé Publique France a conduit une étude permettant de montrer les conséquences de la pollution liée aux particules fines, et l’intérêt d’améliorer la qualité de l’air.

Cette étude porte sur la Vallée de l’Arve, dont la qualité de l’air est fortement dégradée par les conditions hivernales, les différentes activités humaines, et les conditions topographiques.Sont ainsi étudiées les années 2012 et 2013 (période la plus récente pour laquelle les données de mortalité sont disponibles).

44 communes de cette vallée ont mis en place depuis 5 ans un PPA (plan de protection de l’atmosphère). Ce plan de protection de l’atmosphère a été développé pour faire face aux niveaux importants de certains polluants (particules fines, benzo-a-pyrène, dioxyde d’azote).

Le fond de la Vallée de l’Arve est fortement peuplé et industrialisé, avec des axes routiers importants. Les espaces en altitude sont plus faiblement peuplés.

Les particules fines proviennent en majeure partie du chauffage au bois, loin devant le transport routier. L’air est ainsi fortement pollué dans la vallée lors des conditions hivernales (stagnation de l’air, accumulation des polluants dans la vallée).Environ les ¾ des expositions aux particules fines se font en hiver.

L’étude réalisée par Santé Publique France s’appuie sur une EQIS (évaluation quantitative des impacts sanitaires). Il s’agit ainsi, pour une zone et une population données, de mesurer les enjeux sanitaires concernant la pollution de l’air.

Cette mesure s’appuie entre la causalité entre les décès et l’exposition aux particules fines, telle qu’admise par la communauté scientifique.

L’étude a concerné les conséquences sur la mortalité d’une exposition chronique aux PM2,5 (polluant ayant l’impact le plus élevé sur la santé). Les autres données sanitaires (asthme, irritations, hospitalisations, …) touchant la population ne sont pas pris en compte.

Dans la vallée de l’Arve, l’exposition aux valeurs annuelles de PM2,5 recommandées par l’OMS est dépassée pour l’essentiel de la population. 8% de la mortalité est ainsi imputable à la pollution de l’air.

Une mort prématurée touche ainsi 85 personnes par an et à 30 ans, les habitants perdent ainsi en moyenne 9 mois d’espérance de vie. Cela correspond à la situation des villes de taille moyenne.

Santé Publique France estime qu’une baisse de 30 % du taux de PM2,5 éviterait 45 décès, soit environ 4 % de la mortalité du territoire étudié. La réduction de l’espérance de vie à 30 ans passerait également de 9 à 4 mois.

Le PPA vise des objectifs proches, soit une diminution de 30 % des émissions de PM10.

Dans la vallée de l’Arve, la protection de l’environnement et la diminution de la pollution de l’air (niveau de fond et épisodes de pollution) passe essentiellement par une baisse des sources hivernales et notamment des actions sur le chauffage résidentiel.

 

Pour en savoir plus: Impact de l'exposition chronique aux particules fines sur la mortalité dans la vallée de l'Arve