Evolution des effectifs medicaux
Publication : jeudi 8 juin 2017

Des médecins plus nombreux d'ici 2040

On recense actuellement en France environ 217 000 médecins actifs âgés de moins de 70 ans. Contrairement à ce que nombre de français perçoivent, il s’agit d’un record historique.

Le nombre de médecin a particulièrement augmenté entre 1991 et 2005, proportionnellement davantage que la population française (avec une augmentation du nombre de médecin par habitant).

Depuis 2005, cette croissance, si elle demeure, a été plus faible, expliquant une légère baisse du nombre de médecin par habitant.

Le nombre de médecins en activité est la conséquence du numerus clausus, de la durée d’exercice, et du nombre de médecins diplômés à l’étranger qui s’installent en France. La DREES conduit régulièrement des projections, en faisant varier ces différents paramètres.

Après nous avoir livré ses prévisions sur l'activité hospitalière en 2030, la DREES nous propose aujourd’hui des projections sur les effectifs médicaux jusqu’en 2040.

30 % de médecins en plus d’ici 2040

DREES demographie medicale 2040

La dernière étude publiée par la DREES examine ainsi différentes hypothèses. Le scénario privilégié anticipe une légère baisse des effectifs médicaux jusqu’en 2019, essentiellement pour les généralistes, dont un nombre important cessera son activité.

A partir de 2020, les effectifs devraient repartir à la hausse, avec environ 281 000 médecins en 2040. Ces prévisions signifieraient donc une hausse de  30 % du nombre de médecins par rapport à aujourd’hui.

La combinaison des entrées et sorties d’activité se traduira par une forte évolution de la pyramide des âges des médecins. A titre d’exemple, le taux de médecin de plus de 55 ans passera de 45 % actuellement à 22 % en 2040.

Ce rajeunissement des médecins s’accompagnera d’une féminisation accentuée. Si les femmes représentent actuellement 44 % des médecins, elles devraient en effet représenter plus de 60 % de la profession en 2034.

Parallèlement, l’exercice libéral exclusif devrait encore baisser, faisant passer le nombre de médecins concernés de 47 % à 38 % en 2040.

La proportion de médecins totalement ou partiellement salariés passera respectivement de 42 à 46 % et de 11 à 15 %.

Si le nombre de médecins salariés augmentera, il faut cependant nuancer les projections de la DREES, dans la mesure où elles ne prennent pas en compte le nombre de postes salariés qui seront effectivement créés.

Les hypothèses testées par la DREES montrent que l’évolution du numerus clausus a des effets importants, mais à long terme.

La part de médecins diplômés à l’étranger qui s’installent en France est importante (environ 1 500 chaque année). Dans le cas où ce nombre n’évoluerait pas dans les prochaines années, la part de médecins diplômés à l’étranger passerait de 6 à 9 %.

La quasi-totalité d’entre eux étant des spécialistes, cet apport expliquerait la hausse du nombre de spécialistes ou leur maintien pour certaines spécialités (ophtalmologie, radiodiagnostic et imagerie médicale).

On peut noter par ailleurs l’impact du cumul emploi-retraite. Les études antérieures n’avaient pas anticipé le succès de cette mesure, qui explique en partie la hausse des effectifs médicaux.

Mais une offre de soins relative en baisse

Si le nombre de médecins augmentera dans les prochaines années, on peut estimer qu’il ne suffira pas pour compenser la hausse des besoins de soins.

La densité médicale passera de 3,27 médecin pour 1000 habitants en 2015 à 3,18 en 2021, pour ensuite remonter jusqu’en 2040.

Par ailleurs, le vieillissement de la population prévu d’ici 2040 devrait accroitre ces besoins.

Les projections de la DREES prennent aussi en compte le rajeunissement, le temps de travail des médecins et l’impact de la féminisation de cette profession.

On peut en effet observer pour les jeunes générations un temps de travail plus faible que pour les plus anciens, et plus élevé chez les hommes que les femmes.

De ce fait, l’offre de soins (nombre de médecins converti en ETP) devrait baisser entre 2016 et 2027.

En 2040, on devrait ainsi observer une offre de soins libérale plus faible de 18 % par rapport à aujourd’hui.

 

Pour en savoir plus : Les médecins d’ici à 2040 : une population plus jeune, plus féminisée et plus souvent salariée