Projections de l'acticité hospitalière en 2030
Publication : jeudi 18 mai 2017

Que sera l’activité hospitalière en 2030 ?

La DREES vient de publier une réflexion prospective sur ce que pourrait être l’activité hospitalière en 2030.

Il convient bien sûr dans ce type de travail d’être prudent, dans la mesure où à la fois les avancées en termes de prise en charge, et d’autre part l’évolution des pathologies ne sont pas connues.

La réactualisation d’une étude conduite en 2008

Le travail réalisé vient mettre à jour des travaux conduits antérieurement en 2008, portant déjà sur la projection de l’activité à horizon 2030 (pour le court séjour).

Ce document s’intéressait, à l'époque, à l’impact du vieillissement sur les établissements de santé à horizon 2010, 2020 et 2030. L’étude dressait ainsi les besoins en lits en médecine, chirurgie et obstétrique.

L’analyse réalisée en 2008 prenait en compte les tendances observées concernant les taux d’hospitalisation, la part des séjours en ambulatoire, l’évolution des populations, les évolutions techniques, …

Cette nouvelle étude réactualise les données et hypothèses précédentes. Elle prend notamment en compte les informations relatives à l’activité hospitalière à partir du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).

Ce travail prospectif s’appuie sur l’évolution démographique et l’hypothèse d’un meilleur suivi en ville des pathologies chroniques, des avancées techniques et d’évolution dans les pratiques de certaines prises en charge à l’hôpital.

Ce document comprend également un focus sur les prothèses du genou et de la hanche, et un point relatif aux séances de radiothérapie et chimiothérapie.

Des réorganisations du secteur à poursuivre ?

L’étude analyse ainsi différents scénarii. Seront présentées dans la suite de cette page les conséquences de l’une des hypothèses privilégiée par les experts ayant réalisé ces projections.

Ceux-ci anticipent en effet dans l’un de leur scénarii, une évolution moindre des taux d’hospitalisation comparée aux tendances actuelles.

Ils tablent ainsi sur une meilleure pertinence des hospitalisations, et sur l’amélioration du suivi de certaines pathologies ou facteurs de risques par la médecine de ville.

L’étude réalisée et la baisse du taux de recours en MCO ne tient toutefois pas compte du développement d’autres prises en charge (SSR, HAD, soins de ville).

Drees projections activite hospitaliere 2030

On observe depuis un certain nombre d’années une activité hospitalière dont la dynamique s’explique par l’importance des personnes âgées, d’une part compte tenu du vieillissement de la population et d’autre part avec la progression du taux d’hospitalisation des personnes âgées.

Les scénarii étudiés tablent à l’inverse pour 2030 sur une baisse du recours à l’hospitalisation pour les personnes âgées (-5% entre 2012 et 2030).

Ces conclusions s’expliquent d’une part par un meilleur suivi des pathologies chroniques, des parcours de soins mieux organisés et une plus grande vigilance en matière de pertinence des soins.

L’ensemble de ces dispositions permettraient ainsi de limiter à 2,3 millions le nombre de séjours hospitaliers (la prolongation des tendances actuelles amènerait le nombre de séjours à environ 6 millions).

L’étude prospective conclut également à une augmentation du nombre de séjours en ambulatoire.

La part de séjours en ambulatoire évoluerait ainsi pour atteindre 49 % en 2030 (contre environ 39,2 % aujourd’hui).

L’hospitalisation partielle connaîtrait elle aussi une augmentation, pour atteindre 8,7 millions de séjours, contre 6 millions actuellement.

Les projections ne montreraient pas par ailleurs de changements dans les trois principaux groupes de motif d’hospitalisation (autres recours aux soins, maladies de l’appareil digestif, et maladies de l’appareil circulatoire).

Des évolutions pourraient toutefois être notées. Ainsi, la part des séjours en lien avec des traumatismes et empoisonnements ou des maladies endocriniennes devrait baisser. A l’inverse, la part des séjours relatifs aux systèmes ostéo-articulaire devrait croitre.

L’hypothèse d’une modification de l’organisation de la prise en charge entre l’hôpital, le secteur médico social et la médecine de ville conduirait à une légère diminution des durées de séjours en hospitalisation complète (5,7 jours en 2030, contre 5,8 en 2012).

Les hypothèses des experts se traduisent aussi par une baisse du nombre d’équivalent journées, de l’ordre de 1%. Si le nombre de séjours devrait continuer à augmenter, le développement de la prise en charge ambulatoire et le raccourcissement des durées de séjours permettraient ainsi de diminuer le nombre d’équivalents-journées de 500 000.

Cette stabilisation du nombre d’équivalents journée interroge sur les réorganisations en cours dans le secteur sanitaire. En effet, on observe actuellement des surcapacités dans certains territoires, avec une offre nationale excédentaire.

Les réorganisations initiées (réduction du nombre de lits de 21 400 depuis 2000) devraient donc se poursuivre.

Pour nuancer ce constat, si les tendances actuelles se poursuivaient, les besoins en lits seraient de 246 000 lits (28 % de plus qu’aujourd’hui), mais si les projections d'évolutions médicales et organisationnelles se réalisaient, les besoins en lits seraient de 172 000 lits (soit – 11 % par rapport à aujourd’hui).

L’évolution des taux d’occupation de ces lits est également une donnée à prendre en compte.

 

Pour en savoir plus : Projections d’activité hospitalière à l’horizon 2030, Les Dossiers de la Drees n° 18, Mai 2017