Les espaces de calme-retrait et d’apaisement
Publication : vendredi 3 février 2017

Les espaces d’apaisement et de calme-retrait

L’ANESM vient de publier le troisième volet de ses recommandations  concernant les comportements problèmes au sein des ESSMS accueillant des enfants et adultes handicapés : prévention et réponses.

Comme les précédentes RBPP, celles-ci font partie du programme de travail numéro 3 concernant les points de vigilance, la prévention des risques. Elles seront un support intéressant pour conduire sur l'établissement l'évaluation interne ou pour préparer l'ESMS à son évaluation externe.

Prévenir et protéger

Les espaces de calme-retrait et d’apaisement font partie des stratégies qui peuvent être organisées et mises en œuvre en amont d’un comportement problème, ou être proposées pour prévenir la récidive ou l’aggravation de ces comportements problèmes.

Ces nouvelles recommandations vont permettre aux professionnels d’alimenter leurs réflexions, et de travailler sur les dimensions organisationnelles, et sur les évaluations à mettre en place pour envisager ou adapter les espaces, définir la possibilité et les différents modes de retrait possibles.

Elles permettront ainsi de nourrir les réflexions permettant d'élaborer ou mettre à jour le projet d’établissement ou de service, et d’être déclinée dans les projets personnalisés des personnes concernées.

ANESM Espaces calme retrait apaisement

Il ne s’agit pas, au travers de cette recommandation, de promouvoir le développement de ces espaces de calme retrait dans une optique de gestion de la crise, mais bien de faciliter la mise en place des différentes mesures permettant de prévenir et protéger, en amont des comportements problèmes.

Cet espace permet alors de faciliter l’apaisement, et lors de comportements problème d’empêcher l’arrivée de la crise.

Ces recommandations développées par l’ANESM s’appuient en particulier sur le respect des droits fondamentaux des personnes en situation de handicap, figurant entre autres dans la charte des droits et libertés de la personne accueillie.

Au-delà des espaces d’apaisement et de calme-relais, ces RBPP s’intéressent aux autres moyens permettant la prévention de la crise (évaluer préalablement les besoins, identifier les stratégies développées par les personnes, apprendre et déployer des facteurs de protection identifiés en amont).

Elles décrivent également ceux prévenant la survenue de situations de dangers (réduire tout danger potentiel, atténuer tout stimulus environnemental,…).

Outils de promotion de la bientraitance, ces RBPP explicitent ainsi les processus de décisions déployés lors de mise en danger, et la prise en charge correspondante.

Structurer le recours aux espaces de calme-retrait apaisement

Rappelons que le premier volet de ces recommandations traitait de l’organisation à privilégier par l’ESMS pour prévenir et accompagner les comportements problèmes.

Le second volet s’intéressait lui aux stratégies d’intervention à mettre en œuvre par les professionnels face aux comportements problèmes.

Ce troisième volet relatif aux espaces de calme–retrait et d’apaisement comprend 4 chapitres.

  • Le premier chapitre concerne la conception et l’aménagement des espaces de l’établissement. L’ANESM revient ainsi sur l’organisation d’une démarche éthique, la construction et l’inscription dans le projet d’établissement des possibilités de retrait au sein des espaces collectifs, et comment construire l’espace privé permettant le retrait.
  • Le second chapitre explicite la conception, pour chaque personne et chaque situation, d’un type de retrait. On trouvera dans celui-ci comment évaluer les besoins de retrait, mettre en place des apprentissages pour favoriser le retrait, accompagner et respecter le retrait.
  • Le troisième chapitre détaille la mise en place de méthodes alternatives comme stratégies d’apaisement. Sont ainsi explicitées l’évaluation des besoins et les stratégies pour prévenir le danger (en amont), la mise en place des apprentissages pour prévenir la crise (en amont), le repérage des signes avant-coureurs et la prévention de l’évolution du comportement.
  • Le quatrième chapitre explique la gestion de la mise en danger et le dernier recours. Sont détaillées la mise en œuvre du processus de décision, d’une analyse multimodale (organisation de temps de réflexion sur l’accompagnement et sa continuité, évaluation des mesures de recours au retrait pour l’établissement).

La recommandation comprend également différentes annexes. Un premier outil « savoir être » et « savoir faire » pour prévenir l’aggravation des situations de comportements problèmes.

La seconde annexe liste les compétences des professionnels permettant de prévenir et gérer les situations de crise. Une troisième annexe donne un certain nombre de repères juridiques (consentement, obligation de sécurité, surveillance…). 

La quatrième annexe est un outil de traçabilité du recours aux espaces de calme-retrait et d’apaisement en cas de mise en danger.

Ces recommandations intéresseront tout particulièrement aux professionnels pouvant être confrontés de façon directe ou indirecte à des comportements problèmes et à leurs conséquences sur la personne accompagnée et son environnement.

Comme nous l’indiquions par ailleurs dans notre précédente actualité, l’ANESM a prévu de faire paraître ce semestre un guide visant à permettre de repérer les problèmes somatiques, qui peuvent, lorsqu’ils ne sont pas repérés, être à l’origine de ces comportements problèmes.

 

Pour en savoir plus: Les espaces de calme-retrait et d’apaisement