Publication : dimanche 22 mai 2016

Première enquête auprès des gestionnaires de cas

La Fondation Médéric Alzheimer vient de présenter, lors des rencontres nationales des pilotes MAIA, organisées par la CNSA, une enquête sur les gestionnaires de cas. Un outil d’évaluation multidimensionnelle pour les gestionnaires de cas a également été présenté (Resident Assessment Instrument- Home care , RAI-HC).

 

Un premier retour sur la fonction de gestionnaire de cas

La fonction de gestionnaire de cas est relativement récente, puisqu’elle a été introduite dans le cadre du Plan Alzheimer 2008-2012.

Mains

Sa mission concerne l’organisation de l’accompagnement à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie. Celles-ci nécessitent en effet des solutions sur mesure pour répondre à leurs besoins de soins et d’aide.

La CNSA avait lancé fin 2015 une évaluation des dispositifs MAIA , dont les résultats consultables ici. Les résultats de cette enquête sur les gestionnaires de cas permettent de compléter celle-ci.

Cette nouvelle enquête avait pour objet de mieux connaître ces professionnels, la façon dont ils peuvent remplir leurs missions, avec quelles difficultés, et comment évaluer l’impact de leur action.

L’enquête qui a été conduite auprès de 700 gestionnaires de cas (avec environ 550 réponses).

Elle met en évidence la distinction entre les autres formes traditionnelles d'accompagnement à domicile et la gestion de cas. En particulier, les gestionnaires de cas entretiennent des relations privilégiées avec les personnes suivies, relations qui s’inscrivent dans la durée, et prennent en compte tous les aspects de la vie de ces personnes.

Près de la moitié des gestionnaires de cas estiment que l’amélioration globale de la qualité de vie, que leur travail permet d’apporter aux personnes accompagnées, constitue leur principale valeur ajoutée.

Les gestionnaires de cas sont en quasi-totalité des femmes (93%) et ils sont âgés en moyenne de 37,6 ans. Les gestionnaires de cas disposent d’une formation sanitaire (48%) et sociale (52%), 72 % ayant le diplôme interuniversitaire de gestion de cas ou étant en formation.

Ils consacrent 57 % de leur temps sur le terrain, 55 % intervenant en territoire rural ( plus des deux tiers ayant un périmètre d’intervention de plus de 35 km).

La majorité de leur temps de travail est consacré au terrain (57 % de celui-ci), la quasi-totalité de ces professionnels (90 %) réalisant des visites au domicile des personnes âgées, et ayant des contacts réguliers , par téléphone ou mail, avec ces personnes ou leurs proches.

Les déclarants font face régulièrement à des aidants familiaux en situation d’épuisement (85 % des gestionnaires de cas), ou à des refus des aides proposées (pour 61 % d’entre eux), au déni des personnes suivies (78 % des gestionnaires y sont confrontés), ou encore à l’isolement social et familial des personnes âgées.

Les gestionnaires de cas éprouvent également un besoin de reconnaissance de leur identité professionnelle (75% des déclarants) et souhaitent une meilleure intégration des services (72%). Ils sont également 66 % à souhaiter disposer d’une formation aux maladies psychiatriques, et 62 % d'une formation au cadre juridique.

 

Un outil d’évaluation multidimensionnelle à destination des gestionnaires de cas

Les rencontres nationales des pilotes MAIA ont été aussi l’occasion de présenter l’outil d’évaluation multidimensionnelle.

Cet outil utilisé par les gestionnaires de cas s’appuie sur un outil validé scientifiquement, d’origine américaine (il s’agit du volet domicile du RAI). Il est organisé autour du fonctionnement et de la qualité de vie de la personne. Il évalue les besoins, forces et préférences.

Il vise à faciliter une meilleure prise en charge des personnes âgées en perte d’autonomie, et à une meilleure identification des besoins de la population suivie par les gestionnaires de cas.

Cet outil permettra ainsi de renforcer la coordination entre les professionnels et l’intégration des secteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux.

 

Pour en savoir plus: Lettre de la Fondation Médéric Alzheimer