Publication : lundi 22 février 2016

Les français inquiets de la montée de la pauvreté et de l’exclusion

La DREES vient de publier son baromètre (réalisé par BVA) sur l’opinion des français sur la protection sociale, la santé et les inégalités sociales.

Ce baromètre permet de mesurer les évolutions perçues au regard des évolutions réelles des politiques sanitaires et sociales.Plus de 3000 personnes ont été ainsi sollicitées fin 2015.

 

La pauvreté et l’exclusion en hausse selon les Français

Baromètre opinion Drees 2015

L'étude nous montre que neuf français sur 10 estiment que l’exclusion et la pauvreté ont plutôt augmenté ces 5 dernières années.

Ils sont également huit sur dix à penser que les inégalités ont augmenté ces dernières années (ils étaient 90 % en 2010-2013), voire qu’ils sont déjà en situation de pauvreté.

Huit français sur dix sont satisfaits de leur situation, mais ont des craintes pour l’avenir.

Plus de quatre sur dix pensent qu’il existe un risque de chômage pour leurs proches ou eux-mêmes. 38 % estiment qu’ils risquent de basculer prochainement dans la pauvreté.

L’avenir de leurs enfants ou des générations futures inquiète sept français sur dix. Plus de quatre français sur dix notent également que leur situation est moins bonne que celle de leurs parents. Ce sentiment de déclassement intergénérationnel est toutefois en baisse par rapport à 2010.

 

Une majorité de personnes satisfaites de la qualité des soins

Plus de sept français sur dix considèrent qu’ils sont en bonne santé.

Ils sont également satisfaits de la qualité des soins prodigués, tout particulièrement concernant ceux émanant de la médecine de ville. Ils sont en revanche plus nuancés concernant les urgences hospitalières (55% d’avis favorables).

La confiance des français envers le corps médical est importante. En termes d’information par exemple, plus de la moitié d’entre eux n’ont confiance qu’en ce que leur dit leur médecin. Ils estiment également que leur médecin généraliste leur accorde suffisamment de temps et leur donne suffisamment d’informations. 84 % estiment toutefois que les dépassements d’honoraires ne sont pas justifiés.

La réduction des déficits de la Sécurité Sociale passe selon eux par la limitation des tarifs des professionnels, et la taxation des laboratoires pharmaceutiques (pour plus de 80 % des sondés).

Les médecins doivent également selon eux faire évoluer leurs pratiques : ils sont favorables à ce que les médecins prescrivent moins d’examens et de médicaments (pour 68% des sondés), et à ce que la prescription des génériques soit obligatoire.

Plus de 60 % des français sont également ouverts à la possibilité pour les pharmaciens et infirmiers de renouveler les prescriptions.

Ils sont en revanche moins ouverts aux mesures pouvant les toucher directement : seuls 22% sont favorables à une hausse des cotisations sociales ou à une limitation de certains remboursements lors de la prise en charge de longues maladies (26% d’opinions favorables).

Après cinq années de hausse, l’idée selon laquelle les prestations sociales devraient bénéficier uniquement aux cotisants recule.

Si entre 2010 et 2014 la part des personnes qui estimaient que les différentes prestations sociales (chômage, vieillesse, familiales et maladies ) devaient bénéficier uniquement aux cotisants, était en hausse constante, la tendance s’inverse en 2015.

L’assurance maladie et les retraites en particulier doivent pouvoir bénéficier à tous et les allocations chômage et familiales à ceux qui n’ont pas les moyens de s’en sortir seuls.

Cette solidarité envers les personnes les plus en difficulté se traduit par le souhait, pour huit français sur dix, d’une hausse du SMIC et du RSA.

Ils sont près de huit sur dix à juger que le système de sécurité sociale fournit un niveau de protection suffisant, même si son coût est jugé trop élevé.

 

Pour en savoir plus: Baromètre d’opinion de la Drees : rapports de la Drees, de BVA et d’IFOP