Publication : lundi 8 février 2016

Améliorer la coopération entre anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens

Des recommandations de bonnes pratiques professionnelles relatives aux relations anesthésistes-réanimateurs/chirurgiens ont été publiées dès mai 1994 par le Conseil national de l’Ordre des médecins (actualisées en décembre 2001).

Elles n’ont pas empêché la persistance de dysfonctionnements et de défauts de communication entre chirurgiens et anesthésistes réanimateurs.

Afin d'y remédier, la Haute Autorité de Santé a publié mi-janvier un nouvel outil visant à améliorer la coopération entre chirurgiens et anesthésistes réanimateurs.

 

Des points clés et solutions s'appuyant sur l'analyse des événements indésirables

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L’outil proposé par la HAS s’appuie notamment sur l’analyse des événements indésirables associés aux soins (EIAS) déclarés.

En effet, 59 % des évènements indésirables déclarés par les adhérents de la Fédération de chirurgie viscérale et digestive (FCVD) et faisant l’objet de l’étude traitaient de la relation entre anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens aux différentes étapes péri-opératoires : pré-opératoire (26 %), per-opératoire (22 %), et post-opératoire (39 %).

L’analyse de la littérature scientifique en termes de gestion des risques montre également la déficience de communication au sein de l’équipe comme une des causes la plus fréquente d’EIAS.

La qualité du travail et de la communication entre anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens est donc un enjeu majeur pour la sécurité des patients.

Il apparaît en particulier nécessaire de définir les rôles et la répartition des tâches de chacun, pour mieux prendre en compte la complexité des parcours et répondre aux impératifs organisationnels.

Les préconisations qui découlent de ce document publié par la HAS se veulent non pas théoriques mais pratiques.

15 étapes critiques ont ainsi été identifiées comme étant à l’origine des dysfonctionnements les plus fréquents entre les anesthésistes-réanimateurs et les chirurgiens.

Pour chacune de ces 15 étapes, le document insiste de façon chronologique sur le partage des informations, leur traçabilité et la prise de décision partagée, renforçant ainsi l’organisation et la sécurité de la prise en charge péri-opératoire.

Ce document s’intéresse ainsi aux aspects relatifs :

- au dossier du patient,

- aux consultations préopératoires,

- à l’opérabilité,

- au programme opératoire et ses changements éventuels,

- au traitement personnel du patient,

- à l’identification de l’anesthésiste-réanimateur et du chirurgien qui assurent la continuité des soins,

- à la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire »,

- aux les procédures et protocoles de prise en charge des patients,

- à la sortie du patient,

- à l’analyse des événements indésirables associés aux soins,

- au conseil de bloc opératoire,

- et à la charte de fonctionnement et d’organisation interne.

 

Pour en savoir plus: Coopération entre anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens : mieux travailler en équipe